| Ecosens interviewé par Actuel HSE | | Version imprimable | |
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Le webzine Actuel HSE s'est rapproché d'Ecosens pour faire un article sur le métier de psychologue environnementaliste.
Améliorer le cadre de vie, aménager des lieux de travail, intervenir comme médiateur entre les industriels et les riverains : le psychologue environnemental peut couvrir toutes ces missions et apporter ainsi quelques grammes de sensibilité et d'humanité dans le monde des décideurs. Zoom sur un métier protéiforme encore méconnu.Comment définir les usages d'un bâtiment et intégrer l'environnement dans les projets urbains ? Pourquoi certaines personnes refusent de trier leurs déchets ? Comment impliquer les riverains dans des projets d'aménagement ? Voilà autant de questions auxquelles peut répondre le psychologue environnemental, un métier de dialogue au cœur de la nouvelle ère écologique : "Entreprises, administrations et collectivités doivent mettre en place des démarches éco-responsables. Nous répondons présents !" précise Charlotte Gondouin, présidente d'Ecosens, association d'anciens étudiants du Master en Psychologie Environnementale de l'Université Paris 5. Une science récenteDiscipline née dans les années 50, la psychologie environnementale a d'abord intéressé architectes, urbanistes et aménageurs face à la progression rapide de l'urbanisation dans les pays occidentaux. Leur question centrale était : "Quel impact psychologique peut avoir le cadre de vie sur les individus ?". En cinquante ans, le champ d'études s'est élargi à d'autres thématiques : nuisances urbaines et comportements pro-environnementaux. Mais le cœur du métier reste inchangé : étudier les relations entre les individus et leur environnement. Défendre la notion de bien-être"Tout projet urbain architectural est un consensus. En tant que psychologue environnementale, j'essaie d'insuffler de la sensibilité et de replacer la notion d'usage d'un lieu au cœur des questions d'aménagement". Architecte de formation, Elisabeth Gavrilovic a suivi le Master de Paris 5 : " Je souhaitais approfondir l'étude des relations à l'habitat. La dimension affective vis-à-vis d'un logement me passionnait." En 2007, elle rejoint Partenaires Développement pour se consacrer au projet de rénovation urbaine de Clichy-Montfermeil (93). "J'essaie de défendre la notion de bien-être face aux logiques purement fonctionnelles et économiques qui sous-tendent l'aménagement urbain. Cette approche spécifique est parfois mise un peu de côté par manque de temps et d'argent dans les collectivités. Pourtant nous pouvons inciter les gens à adopter de nouveaux comportements via une charte du voisinage. Notre approche permet la réussite d'un projet urbain. Un nouveau bâtiment, c'est très bien. Le respecter c'est mieux ! » précise Elisabeth. Sensibiliser à l'environnementAnimer un réseau d'éco-mobilité, développer un "Plan de Déplacements Entreprise", créer des outils pédagogiques pour le grand public ou d'aide au management environnemental : les missions pro-environnementales ne manquent pas. Convaincue de leur importance, Stéphanie Pornin a fondé Cityzen à Lyon en 2006, une association qui se place au service de la compréhension et de l'optimisation des relations entre l'individu et son cadre de vie. "En plus du travail avec les bailleurs sociaux pour des diagnostics sur les quartiers, nous organisons des conférences auprès des CPIE (Centres Permanents d'Initiatives pour l'Environnement), des DDE et des mairies pour les sensibiliser à l'environnement et leur expliquer comment être efficace pour mettre en place une démarche pro-environnementale." Médiateur aux côtés des industriels"On peut instaurer voire restaurer le dialogue entre des habitants qui exagèrent des risques et les industriels. Nous ramenons un équilibre entre les surreprésentations et les possibles minimimalisations " précise Elisabeth Gavrilovic. En endossant ce rôle de médiateur, le psychologue environnemental aide à la convergence des points de vue mais reconnaît ses limites : "Le positionnement est délicat et le psychologue sera peut-être spontanément du côté des riverains. Il doit donc étudier les données scientifiques d'un risque afin d'être objectif ". Un métier méconnu mais porté par le développement durable"Il n'y a pas encore de fiches de poste dédiées avec un salaire défini. Les psychologues environnementaux ont un champ de compétences très large qui les rend très flexibles. Ils se fondent dans beaucoup de postes et y apportent les notions de confort et de bien-être que d'autres diplômés n'ont pas", insiste Charlotte Gondouin. Grâce à ses fondements sociaux et psychologiques, le développement durable devrait apporter plus de visibilité au métier notamment via la multiplication des concertations et la prise en compte de l'opinion publique et des riverains dans les projets. "Il y a un sillon à creuser pour ce métier car nous visons le consensus et aidons à l'acceptabilité", conclut Mme Gavrilovic. Virginie Collomb. www.actuel-hse.fr |